Entre accompagnement stratégique et opérationnel : stratège opérationnel

Pourquoi j'ai inventé un métier qui n'existait pas.

Pendant trois ans, j’ai fait imprimer « assistante indépendante » sur mes cartes de visite. Je venais de diriger quatre sites, trente-cinq salariés et deux cent cinquante chevaux.

Pourquoi j'ai choisi le mot qui me rassurait ?

Mon parcours tient en cinq lignes. École d’ingénieur, monitrice d’équitation, Fédération Française d’Équitation au Haut Niveau, direction administrative d’une structure de quatre sites, entrepreneuriat, burn-out, reconstruction.

À chaque étape, quelqu’un m’a demandé pourquoi je faisais ça, alors que ça n’avait rien à voir avec le reste. Et à chaque étape, j’ai eu cette petite honte de celle qui ne rentre dans aucune case. Celle qui commence sa réponse par « c’est compliqué » et qui voit l’autre décrocher à la troisième phrase.

Alors j’ai fait ce qu’on fait toutes. J’ai lissé. J’ai gommé les virages, choisi une ligne, et pris le mot le plus rassurant du marché.

« Assistante », c’est un mot qui sait rester à sa place. Générique, poli, qui ne dérange personne et qui n’a rien à prouver. Il rassurait mes clientes. Il me rassurait surtout moi.

Pendant ce temps, je ne triais pas des mails. Je démêlais des outils qui ne se parlaient pas et je remettais debout des process qui tenaient avec du scotch.

Je rencontre ces femmes toutes les semaines. Cinq métiers, trois passions fortes, deux changements de cap quand ça ne collait plus. On leur a dit qu’elles se dispersaient, qu’il faudrait choisir. Alors elles se sont tues et elles ont appris à présenter un parcours rectiligne.

C’est exactement pour ça qu’elles n’arrivent plus à structurer leur business. Elles structurent la version lissée d’elles-mêmes, pas la vraie.

Coach, consultante, assistante : pourquoi aucun des trois ne suffit ?

Le jour où j’ai compris que ce mot me coûtait plus cher qu’il ne me rapportait, j’ai cherché le bon. J’ai essayé les trois qui existaient. Aucun ne collait.

  • Coach : J’ai du respect pour ce métier et j’y envoie régulièrement des clientes. Mais je ne veux pas explorer tes peurs. Je veux que ton agenda tienne, que ton mois prochain fonctionne, que ta semaine ne te fasse pas pleurer le dimanche soir.
  • Consultante : J’ai passé des années à voir des rapports atterrir dans des tiroirs. Bien écrits, bien structurés, jamais appliqués, parce que personne n’était là au moment de la mise en route. Les tiroirs sont pleins de rapports comme ça. Je refuse d’en produire un de plus.
  • Assistante : Faire à ta place, je l’ai fait pendant plusieurs années. Ça soulage vite mais ça ne construit rien (un peu comme un Doliprane). Tu deviens dépendante et le jour où je pars, tout retombe. Je veux qu’à la fin, tu n’aies plus besoin de moi.

 

Il manquait donc un maillon capable de faire les trois en même temps, pas successivement mais ensemble. C’est cette faille là que vient combler un accompagnement stratégique digne de ce nom : celui qui ne s’arrête pas au diagnostic et qui reste jusqu’à la mise en route.

Qu'est-ce qu'une stratège opérationnelle ?

C’est le mot que j’ai créé, parce qu’aucun mot disponible ne disait la vérité, et que mentir avec un terme approximatif me coûtait trop cher.

Je vois le tableau d’ensemble comme une consultante. Je rentre dans l’opérationnel comme une assistante. Je tiens compte de ton fonctionnement réel comme une coach (les vrais hein ! Ceux qui savent, savent).

La différence tient en deux règles : je ne reste jamais dans la tour d’ivoire du diagnostic, et je ne me substitue jamais à toi. Je construis avec toi, sous tes yeux, pendant que tu comprends. Tu repars avec une compétence en plus, pas seulement avec un livrable.

J’ai aussi construit ma propre méthode, parce qu’aucune méthode du marché ne tenait plus de trois semaines chez mes clientes. Elle s’appelle C.R.O.F.T.® et elle passe par cinq angles : tes Compétences, tes Relations, tes Outils, ton Fonctionnement et ton Tempo. Les cinq ensemble, ça donne une entreprise qui tient quand la tempête arrive. Les cinq séparément, c’est du bricolage qui tombe à la première vraie contrainte.

Un accompagnement stratégique, chez moi, ne se termine donc pas par la remise d’un document. Il se termine le jour où tu n’as plus besoin de moi.

Et les outils que je propose à mes clientes sont la plupart du temps européens, hors GAFA. Leurs chiffres, leurs contrats et leurs doutes n’ont rien à faire sur un serveur soumis au Cloud Act. Ce n’est pas un argument de vente. C’est une condition.

Inventer un mot, c’est inconfortable. Il faut l’expliquer à chaque rencontre, personne ne le tape dans une barre de recherche, aucun algorithme ne le connaît. Mais depuis que je l’ai posé, les conversations démarrent trois crans plus haut. Les clientes ne viennent plus pour qu’on trie des factures. Elles viennent pour qu’on reconstruise leur entreprise ensemble. Et les tarifs ont bougé, forcément.

Comment savoir si tu as besoin d'un accompagnement stratégique ?

Si tu as dirigé des équipes, géré des budgets, structuré des projets plus gros que toi, et que depuis que tu es à ton compte tu n’arrives plus à organiser ta propre semaine : ce n’est pas un problème de discipline. C’est un problème de structure, et personne ne nous a appris à le poser.

Si ton entreprise tourne mais ne te ressemble plus, si tu as bricolé, empilé, adapté jusqu’à ne plus savoir par quel bout la prendre, il existe des gens dont c’est le métier.

Et si tu cherches encore le mot qui dit vraiment ce que tu fais, tu as le droit de l’inventer.

Pour aller plus loin
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